<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Journal d&apos;un &#xe9;criturien polyn&#xe9;sien</title><link>http://pambrun.canalblog.com/</link><description>Jean-Marc Pambrun, &#xe9;crivain, anthropologue et artiste polyn&#xe9;sien.</description><language>fr</language><lastBuildDate>Tue, 10 Nov 2009 09:11:07 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>&#xc9;lections polyn&#xe9;siennes du 13 f&#xe9;vrier 2005 : C&apos;est vrai ce mensonge?</title><dc:creator>Teraituatini</dc:creator><link>http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/15/262767.html</link><comments>http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/15/262767.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pambrun.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/262767/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/15/262767.html</guid><description>Dans son trait&#xe9; sur “l’art du mensonge en politique, l’&#xe9;crivain satirique irlandais Jonathan Swift - celui-l&#xe0; m&#xea;me qui a &#xe9;crit Les Voyages de Gulliver – observait que &#xab; le moyen le plus efficace pour combattre et d&#xe9;truire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge… le mensonge politique [&#xe9;tant] l’art de convaincre le peuple, l’art de lui faire accroire des fausset&#xe9;s salutaires et cela pour quelque bonne fin &#xbb;. Voil&#xe0; une consid&#xe9;ration que n’oseront pas d&#xe9;mentir la plupart des hommes politiques &#xe0; moins de nous faire un vilain mensonge de plus. Au mieux, ils n’en diront rien. Voyons plut&#xf4;t en quoi cette observation concerne Gaston Flosse.
Pour Gaston Flosse, la &#xab; bonne fin &#xbb; consiste &#xe0; &#xab; &#xc9;viter ce sc&#xe9;nario catastrophe &#xbb; que proposerait Oscar Temaru d’arriver &#xab; &#xe0; l’ind&#xe9;pendance de fait, avant m&#xea;me toute consultation &#xe9;lectorale. &#xbb; C’est en tout cas ce qu’il a d&#xe9;clar&#xe9; &#xe0; Pirae dans son discours aux congr&#xe8;s de son parti le 5 janvier dernier. Nul ne peut nier qu’Oscar Temaru r&#xea;ve de faire de la Polyn&#xe9;sie un &#xc9;tat ind&#xe9;pendant. Mais il n&apos;y a aucune preuve &#xe0; l&apos;appui de l’affirmation de Flosse selon laquelle cet &#xc9;tat verrait le jour sans consultation pr&#xe9;alable des populations des cinq archipels et qu’il serait une calamit&#xe9; pour ces derni&#xe8;res.
Mais est-ce vraiment important que cette affirmation soit strictement exacte ou pas ? Nous savons &#xe0; partir de l&apos;exp&#xe9;rience du pass&#xe9; qu’Oscar Temaru est pr&#xea;t &#xe0; demander l’ind&#xe9;pendance et &#xe0; recourir &#xe0; l’intervention de l’ONU si l&apos;occasion s&apos;en pr&#xe9;sente. Les raisons de d&#xe9;nigrer les ind&#xe9;pendantistes ne sont-elles pas d&#xe9;pass&#xe9;es par la r&#xe9;alit&#xe9; ? En fin de compte, est-ce une question de mensonge, et notamment de mensonge politique? Non, mais c’est le meilleur que le Tahoeraa huira’atira ait &#xe0; proposer, car pour le reste c’est d’une m&#xe9;diocrit&#xe9; &#xe0; couper le souffle.
Depuis le coup de force du 22 octobre 2004, le seul moyen politique que Gaston Flosse a trouv&#xe9; pour convaincre les &#xe9;lecteurs de se rallier &#xe0; sa cause a &#xe9;t&#xe9; d’une part d’accuser l’opposition des m&#xea;mes maux dont elle lui faisait grief : dictature, incomp&#xe9;tence, mensonge, haine,… D’autre part, de reprendre tout bonnement les propositions faites par le gouvernement Temaru en faveur du changement &#xe0; son propre compte : concertation, baisse des taxes, redistribution des terres domaniales, augmentation du Smig,,… Si la m&#xe9;thode est simpliste et on ne peu plus d&#xe9;magogique, elle traduit surtout le vide th&#xe9;orique de la pens&#xe9;e orange.
Gaston Flosse et son parti sont &#xe0; bout de souffle, &#xe0; court d’id&#xe9;es et leur pens&#xe9;e n’est pas plus &#xe9;paisse que celle d’un enfant de trois ans. C’est l’une des cons&#xe9;quences de tous les mensonges pass&#xe9;s. La concentration des pouvoirs au profit de la caste flossienne, fut-elle issue du peuple, a conduit &#xe0; la corruption et &#xe0; l’impossibilit&#xe9; de toute pens&#xe9;e contradictoire au sein m&#xea;me de son parti. Plut&#xf4;t que de tirer les le&#xe7;ons de l’&#xe9;chec pitoyable et criminel du capitalisme flossien et du colonialisme chiraquien en Polyn&#xe9;sie, Gaston Flosse et ses proches se sont transform&#xe9;s en d&#xe9;magogues extr&#xe9;mistes qui interdisent tout renouvellement de leur pens&#xe9;e politique. Par une sorte de r&#xe9;gression, le Tahoeraa’a huira’atira est retomb&#xe9; en enfance. Il est pass&#xe9; de l’art du mensonge politique ou le &#xab; mentir-vrai &#xbb;, au mensonge ludique ou le &#xab; mentir-faux &#xbb;, un jeu dans lequel nos enfants sont pass&#xe9;s ma&#xee;tres et qui se r&#xe9;sume &#xe0; cette question : &#xab; C’est vrai ce mensonge? &#xbb; Quelques exemples extraits du discours de Flosse au congr&#xe8;s de son parti pour illustrer cette forme de &#xab; faux mensonge &#xbb; :
&#xab; Toute la campagne des ind&#xe9;pendantistes va &#xea;tre bas&#xe9;e sur un mensonge fondamental : le scrutin du 13 f&#xe9;vrier ne porte pas sur l’ind&#xe9;pendance, mais sur le mode de gouvernance. &#xbb; C’est vrai ce mensonge ? Pourquoi alors les quatres listes de &#xab; vrais &#xbb; ou &#xab; faux &#xbb; autonomistes ne se sont-elles pas f&#xe9;d&#xe9;r&#xe9;es &#xe0; l’UPLD puisqu’elles militent aussi en faveur d’un mode de gouvernance ?
Disant devoir &#xab; d&#xe9;masquer le mensonge &#xbb; que constitue pour lui l’intention des ind&#xe9;pendantistes de faire campagne en faveur d’un autre mode de gouvernance que le sien, Gaston Flosse n’h&#xe9;site pas aussi &#xe0; affirmer qu’avant le 23 mai &#xab; Notre soci&#xe9;t&#xe9; &#xe9;tait un mod&#xe8;le de tol&#xe9;rance et de solidarit&#xe9; &#xbb;. C’est vrai ce mensonge ? Quand l’a-t-elle d&#xe9;montr&#xe9; ? Avant l’arriv&#xe9;e des premiers Europ&#xe9;ens ? Depuis l’arriv&#xe9;e du CEP ? Depuis son d&#xe9;part ? Durant les vingt ann&#xe9;es de pouvoir flossiste ? Pourquoi y a-t-il tant de familles polyn&#xe9;siennes dans la d&#xe9;tresse et dans le besoin ?
Autre mensonge pour conqu&#xe9;rir l’&#xe9;lectorat : &#xab; Nicole Bouteau et Philip Schylle ne sont pas autonomistes, ils sont r&#xe9;solument ind&#xe9;pendantistes. &#xbb;. C’est vrai ce mensonge ? L&#xe0; tout le monde rigole. Flosse est aussi gonfl&#xe9; que Bush quand il dit qu’il a envahi l’Irak parce que Sadam Hussein planquait des armes de destruction massive. Il n’y a pas plus de conviction ind&#xe9;pendantiste chez les chefs de files de l’Alliance pour la d&#xe9;mocratie nouvelle que de bombes chimiques en Irak. Flosse le sait autant que chaque polyn&#xe9;sien : le Tavini huira’atira se d&#xe9;sole de n’avoir pas ralli&#xe9; tous les autonomistes de l’ex-majorit&#xe9; plurielle &#xe0; ses th&#xe8;ses.
&#xc0; trop tirer sur la corde du mensonge, on finit par casser celle de la confiance. Et la confiance est aussi indispensable &#xe0; un enfant qu’&#xe0; un homme politique. Une fois perdue, elle est difficile &#xe0; reconstruire. Flosse s&apos;est trop souvent &#xe9;cri&#xe9; &#xab; faites-moi confiance &#xbb;. M&#xea;me si tous ses mensonges ne sont pas prouv&#xe9;s, le doute s’est install&#xe9; et la confiance a disparue. Il en est si conscient qu’il n’a cess&#xe9; de dire que la partie qui se jouera le 13 f&#xe9;vrier prochain &#xab; sera difficile &#xbb;. L&#xe0; on le croit, ce n’est pas un mensonge
</description><pubDate>Sat, 15 Jan 2005 22:47:00 GMT</pubDate></item><item><title>&#xc9;lections polyn&#xe9;siennes du 13 f&#xe9;vrier 2005 : Appel aux fabriquants de la malpolitique</title><dc:creator>Teraituatini</dc:creator><link>http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/13/258295.html</link><comments>http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/13/258295.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://pambrun.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/258295/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://pambrun.canalblog.com/archives/2005/01/13/258295.html</guid><description>Les initi&#xe9;s vers&#xe9;s dans les textes religieux ne d&#xe9;mentiront pas cette phrase c&#xe9;l&#xe8;bre de Coh&#xe9;let tir&#xe9;e de l’Eccl&#xe9;siaste &#xab; Rien n’est jamais nouveau sous le soleil &#xbb;. Pourtant depuis le 23 mai 2004, j’aurais envie de pr&#xe9;ciser &#xab; …sous le soleil de la bourgeoisie polyn&#xe9;sienne &#xbb;, car pour ce qui est des enfants d&#xe9;sh&#xe9;rit&#xe9;s de Maui, ils ont d&#xe9;montr&#xe9; que sous le &#xab; soleil ma’ohi &#xbb;, ils souhaitaient un changement profond. Comme tant d’autres pseudo &#xab; ind&#xe9;pendants &#xbb; polyn&#xe9;siens depuis les ann&#xe9;es soixante-dix, des ambitieux sans envergure et &#xe0; la morale douteuse abusent de nouveau de leur fortune ou de leur situation pour contrecarrer les vœux des plus d&#xe9;favoris&#xe9;s. Apr&#xe8;s Antonio Perez, Reynald Temarii, c’est au tour de Teva Sylvain d’encombrer le paysage politique polyn&#xe9;sien d’un nouveau parti sans consistance et de polluer un d&#xe9;bat politique d&#xe9;j&#xe0; suffisamment enfum&#xe9; des rejets malodorants des usines &#xe0; lobotomiser du Tahoeraa Huiraatira. Une nouvelle conscience politique - que j’avais d&#xe9;j&#xe0; appel&#xe9;e pour ma part &#xe0; deux reprises au cours de l’ann&#xe9;e 1992 - est n&#xe9;e (Cf. Les Nouvelles de Tahiti, 21 avril et 16 septembre 1992). Depuis le 23 mai 2004, notre pays a d&#xe9;montr&#xe9; qu’il voulait grandir et qu’une bonne moiti&#xe9; des &#xe9;lecteurs avait m&#xfb;ri, repoussant le r&#xe9;gime de terreur, d’exclusion et de corruption &#xe9;tabli depuis des lustres par un gouvernement fantoche inf&#xe9;od&#xe9; &#xe0; un pouvoir parisien, encore et toujours colonial. Si les Perez, Temarii, Sylvain et consorts parvenaient &#xe0; s’allier d’une fa&#xe7;on ou d’une autre, ils ne d&#xe9;montreraient pas qu’il existe une troisi&#xe8;me voie, mais simplement qu’ils sont d’une m&#xea;me corporation, celle des fabricants de la malpolitique. &#xc0; savoir une meilleure mani&#xe8;re de vivre l’autonomie en consommant un peu plus de valeurs &#xe0; 0% de mati&#xe8;re &#xe0; penser, de principes jetables et d’id&#xe9;ologie bien grasse pour assurer la tranquillit&#xe9; des nantis. Toute l’histoire politique polyn&#xe9;sienne a d&#xe9;montr&#xe9; qu’il n’y avait que deux voies pour la Polyn&#xe9;sie : celle du dialogue d&#xe9;mocratique et de la libert&#xe9; ou celle du despotisme et du servage. Le d&#xe9;bat sur l’autonomie ou l’ind&#xe9;pendance n’est qu’une question de sens et de temps pour que ces deux notions se rencontrent et d&#xe9;couvrent qu’elles ont la m&#xea;me origine et veulent dire la m&#xea;me chose. S’il y a une troisi&#xe8;me voie, elle sera toujours celle du cœur, c’est-&#xe0;-dire, &#xe0; l’image de No ‘oe e te nuna’a, celle du d&#xe9;sint&#xe9;ressement &#xe0; l’&#xe9;gard du pouvoir et de la compassion pour les plus faibles. Tout nouveau parti politique qui souhaite &#xe9;merger est cr&#xe9;dible qu’&#xe0; partir du moment o&#xf9; il apporte la preuve qu’il est port&#xe9; par ces deux principes. Depuis une trentaine d’ann&#xe9;es, le peuple a toujours esp&#xe9;r&#xe9; que les Polyn&#xe9;siens les mieux instruits viennent les &#xe9;clairer sur leur pass&#xe9;, leur pr&#xe9;sent et leur futur. H&#xe9;las, on sait depuis longtemps que le bagage universitaire, l’exp&#xe9;rience gouvernementale ou la r&#xe9;ussite dans les affaires ne sont pas toujours un gage d’intelligence, de probit&#xe9; ou de bon sens. Bien au contraire, ils peuvent alimenter la volont&#xe9; des plus puissants de consolider un ordre social bas&#xe9; sur la domination du peuple ma’ohi par la classe des plus ais&#xe9;s, lui interdisant toute possibilit&#xe9; d’&#xe9;mancipation de sa condition de colonis&#xe9;. M&#xea;me si les sp&#xe9;cialistes en communication enseignent aux hommes politiques qu’on fait de la politique comme on fait du marketing, en tentant de produire des id&#xe9;es adapt&#xe9;es aux besoins de publics cibl&#xe9;s, les fabricants de la malpolitique sont tomb&#xe9;s dans l’exc&#xe8;s et la caricature. Soit ils font de la sous-traitance pour le Tahoera’a huira’atira, soit ils imitent les marques d&#xe9;pos&#xe9;es dans l’inconscient collectif par le Tavini huira’atira et le Ia mana te nuna’a depuis longtemps. Dans tous les cas, ces faussaires cr&#xe9;ent des id&#xe9;es factices bon march&#xe9; destin&#xe9;es &#xe0; perturber les choix de l’&#xe9;lectorat et &#xe0; l’&#xe9;loigner des valeurs authentiques. Aussi, pour &#xe9;viter d’intoxiquer notre pens&#xe9;e, boycottons donc la malpolitique car, encore une fois, elle n’annonce rien de nouveau sous le soleil ma’ohi et encore moins pour le taui.
Jean-Marc Pambrun</description><pubDate>Thu, 13 Jan 2005 02:29:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>